Problématique

Contexte

L’adolescence est une période de crise pour tous. Son début varie selon le sexe et tout un chacun ; et peut durer jusqu’à la vingtaine de l’individu. Durant cette période de développement humain, nous subissons d’importantes transformations, qu’elles soient biologiques, physiques, relationnelles ou psychiques. Divisé par l’envie d’être adulte et celui de rester enfant, la dépendance à ses parents et l’envie de voler de ses propres ailes, la construction de son identité et la recherche de qui l’on est, accompagnés du deuil de l’enfance… tant de conflits qui font que le jeune vit une période difficile.

Déjà durant l’enfance, les questions sur l’orientation sexuelle apparaissent : « je suis plus attiré par les filles ? Les garçons ? Les deux ? » Mais aussi sur l’identité de genre : « je me sens être un garçon, une fille ? Je me sens être une fille dans un corps de garçon ? » Ou le contraire : « je me sens être un garçon dans un corps de fille ». C’est souvent durant l’adolescence que les jeunes décident de faire leur premier coming-out. Durant cette période, la peur du rejet, la peur de décevoir peuvent être ressentis de manière très forte et le risque suicidaire est plus important.

Dans la thématique du risque suicidaire, le questionnement sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre représente déjà un facteur de risque (on parle ici de « facteur de risque » pour désigner tout ce qui peut amener le jeune à avoir des pensées suicidaire comme des événements de vie difficile, des problèmes familiaux, le harcèlement, les discriminations…). De plus, lorsque l’orientation sexuelle et l’identité de genre ne sont pas reconnus par l’environnement social, ce dernier peut, en réaction, adopter une posture discriminante et humiliante envers le jeune. Cela contribue davantage au sentiment de rejet et de solitude de celui/celle-ci. Autant de facteurs de risque qui peuvent précipiter l’adolescent vers une dépression accompagnée d’idées suicidaires.

Risque suicidaire

En général, chez les jeunes en Suisse

En Suisse et en 2018, un jeune se suicidait tous les trois jours, 20% des jeunes ont pensé au suicide et 5% de cette même population a déjà fait une tentative de suicide (STOP-SUICIDE, 2018).
Le tabou autour du suicide est encore très important. On peut souvent penser, à tort, que parler de suicide à un proche peut lui donner certaines idées. Or, oser parler peut être le premier soutient que l’on puisse apporter, ce pourquoi nous pensons, que c’est déjà bien d’en parler.
Les causes du suicides sont diverses : Antécédents de tentative de suicide, maladies psychiatriques, caractère impulsif, traumatismes, isolement social et / ou affectif, éléments de vie négatifs…

Chez les jeunes lesbiennes, gays et bisexuel(le)s (LGB)

Dans le thème du risque suicidaire, le questionnement sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre représente déjà un facteur de risque. La peur du rejet, de la différence et de l’intolérance domine souvent les pensées d’un jeune lors de coming-out. La difficulté à accepter son orientation sexuelle, les problèmes relationnels, la dépression, les actes homophobes sont autant de facteurs qui peuvent amener le jeune à ressentir une grande angoisse, un grand désespoir et à avoir des pensées suicidaires.
Selon une publication de l’association STOP-SUICIDE (STOP-SUICIDE, 2018), en Suisse, le risque suicidaire chez les jeunes LGB est 2 à 5 fois supérieur en comparaison aux jeunes hétérosexuels. De plus, la période du premier coming-out est la période où le risque suicidaire est le plus élevé.

Chez les jeunes personnes transgenres (T)

Chez les personnes transgenre, le risque suicidaire est estimé à 10 fois supérieur à la norme de la population.
Cette différence est notamment expliquée par le fait que les jeunes transgenres sont davantage sujets à des discriminations. En effet, l’orientation sexuelle peut rester « privée » chez ceux qui le souhaitent, alors que les personnes transgenres doivent en permanence « justifier » leur identité de par sa visibilité. Le sujet de la Transidentité est encore tabou dans nos sociétés, on parlera plus facilement d’orientation sexuelle.

Analyse

Les facteurs de risque pouvant amener une jeune personne à envisager le suicide comme unique solution sont variés, c’est vrai, mais qu’en est-il des facteurs de protection ? Ils sont également nombreux mais à prendre avec des pincettes, toute situation est unique et chacun n’utilisera pas ses ressources environnantes de la même façon. Pour illustrer ce propos, je prends pour exemple la famille, qui si elle est soutenante, tolérante et aimante sera un facteur protecteur ; tandis que si elle est abusive, ne sera au contraire d’aucune aide.

A ne pas prendre pour vérité absolue, voici quelques exemples de facteurs protecteurs possibles : La famille, les amis, l’école, le travail, les activités extérieures, les passions, l’estime de soi, la reconnaissance, le vécu, les mentors, l’identité professionnelle, l’appartenance, la stabilité…

L’important est de garder à l’esprit que contrairement à ce que l’on peut penser, personne n’est seul. Il y a toujours un ami, un proche, un enseignant ou collègue peut-être qui est là pour te tendre la main. Et si c’est sur le moment trop difficile de trouver cette aide, il est toujours possible de se tourner vers des structures extérieures, comme l’association le Refuge par exemple, qui est une branche de Dialogai et est spécialisée dans l’accueil et l’écoute des jeunes LGBT+.

Dans un monde utopique, les personnes qui parmi nous ont une orientation sexuelle ou une identité de genre différente de la population “générale” seraient acceptées telles qu’elles sont et n’auraient pas à subir la moindre différence de traitement par rapport aux autres. Malheureusement, malgré des avancées sur la tolérance, il reste encore beaucoup à faire. Nous ne vivons pas dans un monde utopique, la population LGBT+ est souvent victime d’intolérance, de persécutions et de maltraitance variée, c’est pourquoi nous devons tout faire pour leur rappeler que la vie ne se résume pas qu’à de la haine, mais qu’un beau lendemain peut sourire à tout un chacun.

Il ne faut pas se sentir honteux, ni minimiser ce que l’on ressent, le mal-être touche de nombreuses personnes mais ne doit pas être une fatalité ! Il faut toujours regarder autour de soi, chercher quelles peuvent être les sources d’aides adéquates et ne pas hésiter à se renseigner sur les structures existantes. Et pour finir, souviens-toi d’une chose, quoiqu’il advienne, c’est toujours bien d’en parler.